photo_piece_Le Mariage de Figaro
Photo : Jean-François Gratton / Une communication orangetango
Normand D'Amour et Emmanuel Bilodeau




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Le Mariage de Figaro

DU 13 JANVIER AU 7 FÉVRIER 2009
SUPPLÉMENTAIRES DU 11 AU 14 FÉVRIER
de Beaumarchais
Mise en scène Normand Chouinard

Durée du spectacle : 2 h 45 incluant l'entracte

Normand Chouinard

LA PRISE DE LA BASTILLE, C’EST POUR DEMAIN !
par Normand Chouinard

La musique de Mozart, qui vous aura permis de découvrir Le Mariage de Figaro, sera-t-elle présente dans le spectacle?
Évidemment je ne voulais pas et ne pouvais pas imposer aux acteurs de chanter du Mozart! Après tout, ce ne sont pas des chanteurs! Mais j’avais esquissé une chose dans L’Hôtel du libre-échange de Feydeau, que je compte bien pousser encore plus loin ici : aussi vais-je leur demander de glisser quelques notes, je vais créer de petits chœurs en citant Les Noces de Figaro. Mozart, qui est un contemporain de Beaumarchais, compose cet opéra deux ans après la création triomphale du Mariage de Figaro. Deux cents ans plus tard, on en aurait fait un film! Mais en 1784, Mozart se dit : vite, je dois en faire un opéra! Et à cette époque, absolument tout le monde, du cocher aux membres de l’aristocratie, sifflotait les airs des Noces de Figaro. Mozart a développé savamment dans cet opéra l’art de faire chanter plusieurs personnages en même temps, qui tous expriment une idée ou un sentiment personnels : cela a créé les sublimes duos, trios, quatuors et même sextuors des Noces. Au théâtre, la chose est évidemment impossible! On ne saurait rendre compréhensibles plusieurs acteurs qui parlent en même temps mais, grâce à ces petits chœurs et à la musique, cela redevient possible. C’est ainsi que, dans les moments forts, j’aimerais que quelques notes de Mozart viennent illustrer l’accord ou le désaccord, les antagonismes ou les liens qu’il y a entre les personnages. Je souhaiterais ainsi faire jaillir de petites fleurs de musique entre les « craques » du texte! Et le reste de la musique sera toujours du Mozart arrangé. Yves Morin, qui a signé la musique du Feydeau et d’Ubu roi, sera là sur scène. Il y aura donc un personnage supplémentaire : un musicien avec son clavecin. Ce n’est pas Mozart, bien sûr, mais une incarnation de ces musiciens « esclaves », comme Mozart pouvait l’être de son évêque de Salzbourg. Ce musicien est l’employé du comte et, comme il y aura bientôt des noces, il est normal qu’il lui passe une commande de musique à cette occasion. On oublie que Mozart a créé plusieurs de ses œuvres dans ces conditions. Ce musicien suivra donc l’action et écrira durant la pièce les œuvres qui lui ont été commandées… tout en marquant musicalement les moments forts de l’action. Il sera en outre une autre illustration des abus du comte et de l’asservissement dans lequel sont plongés beaucoup de personnages de la pièce.

Extrait d’une entrevue réalisée par Stéphane Lépine pour l’Emporte-pièces.


NORMAND CHOUINARD

La Mandragore
de Jean-Pierre Ronfard, Tartuffe, Scapin et George Dandin de Molière, Fadinard dans Un chapeau de paille d’Italie de Labiche, Obéron dans Le Songe d’une nuit d’été de Shakespeare et Poche dans La Puce à l’oreille de Feydeau, Vladimir dans En attendant Godot de Beckett, sans oublier bien sûr Don Quichotte de Cervantes : Normand Chouinard a multiplié les grands rôles au TNM. Et sur beaucoup d’autres scènes du Québec aussi. Et à la télévision. Et au cinéma : que l’on se rappelle seulement son interprétation extraordinairement sensible dans Trois pommes à côté du sommeil de Jacques Leduc. Quelle serait la qualité première de ce comédien, également engagé dans tant de causes liées au théâtre et soucieux de la transmission? L’instinct ou l’intelligence? Les deux sans doute, très étroitement mêlées, ont permis la constante mutation et réinvention de cet homme qui, d’une œuvre à l’autre, épousant tout le spectre du répertoire, a su épurer son jeu pour en chasser toutes les manières et n’en conserver que le grand art. Il était sans doute naturel qu’un jour Normand Chouinard fasse le saut et devienne l’orchestrateur de ces chefs-d’œuvre comiques dont il sait si bien huiler les mécanismes d’horlogerie. Avec L’Hôtel du libre-échange de Feydeau, au printemps 2004, il s’avérait aussi un metteur en scène doté d’un prodigieux sens du rythme. Ce qu’il démontrait à nouveau avec Ubu roi, qui réunissait en avril 2007 ses amis de toujours Rémy Girard et Marie Tifo, et lui permettait de réaliser un rêve de jeunesse. L’automne dernier, il faisait l’objet d’un fort beau livre d’entretiens menés par l’ancien réalisateur de Radio-Canada et metteur en scène Jean Faucher et publié chez Québec-Amérique. « On sort de cette lecture fort satisfait, déclarait l’écrivain Claude Jasmin : Normand Chouinard en devient davantage qu’un acteur de talent, qu’un comédien brillant, il est un être humain rempli aussi de doutes, de questionnements. » Après avoir retrouvé Rémy Girard le printemps dernier et mis en scène le spectacle dans lequel il « enchansonnait » Claude Gauvreau, le voilà donc aux commandes du Mariage de Figaro.